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	<title>Les Sentinelles De La République &#187; médias</title>
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	<description>citoyens engagés et enragés</description>
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		<title>Atteinte à la liberté de pensée</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 16:30:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mychkine</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dictionnaire de novlangue]]></category>
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		<description><![CDATA[L’importance des mots L’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 proclame : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion […] ». Comment peut-on priver quelqu’un de sa liberté de pensée ? C’est ce que nous allons voir. Regardons de près en quoi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Atteinte à la liberté de pensée" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2010/02/il-faut-se-mefier-des-mots-300x225.jpg" alt="Atteinte à la liberté de penser" /><br />
<strong>L’importance des mots</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 proclame : <em>« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion […] »</em>. Comment peut-on priver quelqu’un de sa liberté de pensée ? C’est ce que nous allons voir.</p>
<p style="text-align: justify;">Regardons de près en quoi les mots, leur usage, leur sens sont d’une grande importance. Leur pouvoir est crucial. Par extension le pouvoir de ceux qui le savent est grand.</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons des faits fondamentaux. C’est l’usage des mots qui distingue l’Homme de l’animal. C’est une définition philosophique de l’humanité. Aucun animal ne pourra jamais assembler des mots, des signes – porteurs de sens &#8211; pour construire des phrases &#8211; création de nouveau sens -, c’est la notion de langage articulé. Certes on peut en dresser certains à répéter des mots, assurément les cétacés usent d’une communication complexe… Mais le langage articulé est une spécificité humaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre point essentiel qu’il faut savoir : ce sont les mots qui précèdent et engendrent les idées. Aussi inouï que cela puisse paraître, ce n’est pas l’inverse. L’éminent linguiste F. de Saussure écrivait : <em>« Abstraction faite de son expression par les mots, notre pensée n’est qu’une masse amorphe et indistincte »</em>. En effet la pensée n’existe que quand elle a trouvé sa formulation dans les mots, sinon on reste dans une intimité qui n’a pas été réfléchie. On ne sait alors pas où commencent ses pensées ni où se terminent celles d’autrui… Donc les idées qu’une personne peut développer dépendent directement des outils qu’elle aura acquis pour cela.</p>
<p><strong>La maîtrise du langage au cœur du pouvoir</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La liberté de pensée peut très bien être obstruée précisément par cet outil qu’est le langage et qui coïncide tant avec la pensée. On croit penser par soi-même. Mais on se fait une opinion propre <em>via</em> ce que l’on entend, étudie, discute&#8230; au sein d’un environnement que l’on appelle culture. Ce n’est jamais sans influence.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots peuvent contenir des jugements, transmettre des émotions, être connotés. On peut, par le seul choix des termes, modifier l’interprétation, glorifier ou dénigrer. Ils peuvent donc orienter la pensée et par conséquent les comportements. Pour citer le sociologue P. Bourdieu : <em>« En fait les mots exercent un pouvoir typiquement magique : ils font croire, ils font agir. »</em> Il suffit alors pour qui cherche à asseoir son propre pouvoir de savoir les manier, voire les détourner. Et celui qui parvient à imposer son vocabulaire impose en même temps ses valeurs, son système, amène l’autre sur son terrain pour une lutte inégale. Les mentalités sont colonisées.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien évidemment ce qui donne un tel pouvoir, les mots en l’occurrence, constitue un centre d’intérêt majeur chez les ambitieux de pouvoirs. Et cela éclaire d’autant mieux l’étroit rapprochement opéré entre les hommes politiques et le plus grand vecteur d’influence que sont les médias, <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/">http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">L’auteur Georges Orwell a parfaitement démonté les ressorts de ce mécanisme dans son roman 1984. Il évoque une dictature qui utilise une langue, baptisée favorablement novlangue (newspeak), qui désapprend à penser en limitant, simplifiant et détournant les mots.</p>
<p><strong>Les techniques de détournement de la pensée</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Euphémisme anesthésiant, ambiguïté polysémique, communication anxiogène, oreilles flattées, sous-entendus de connivence, sourde tautologie, expressions standardisées insipides, néologismes idéologiques, significations oblitérées, logorrhée lénifiante, argumentaires auto référents, conformisme exalté, faux dilemmes muselant, dialectique spécieuse,…*</p>
<p style="text-align: justify;">Où l’on voit que les techniques à l’œuvre quotidiennement sont nombreuses. Et que ce n’est pas la richesse du vocabulaire qui fait défaut pour les dénoncer, alors même que ces manœuvres visent à l’appauvrissement de la pensée. Il y a donc moyen de les contrebalancer. C’est ainsi que l’instruction est cruciale pour permettre, moyennant efforts, l’autodéfense intellectuelle. Limitons-nous à détailler quelques exemples de techniques de détournement.</p>
<p style="text-align: justify;">L’euphémisme. &laquo;&nbsp;Plan social&nbsp;&raquo; pour &laquo;&nbsp;mise au chômage organisée d’employés&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Cohésion sociale&nbsp;&raquo; pour &laquo;&nbsp;ordre&nbsp;&raquo;. On notera l’usage intensif de &laquo;&nbsp;social&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Croissance négative&nbsp;&raquo; pour ne surtout pas prononcer décroissance, voire laisser entendre &laquo;&nbsp;récession&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;déflation&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Le dégât collatéral&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;le théâtre d’opérations&nbsp;&raquo;… Les exemples foisonnent. À noter que les « journalistes » de télévision poussent plus loin dans la censure du vocable « mort » : « l’accident a fait 3 victimes et 12 blessés ». A charge de chaque homme libre de décrypter cette aberration que les victimes sont les morts, mais pas les blessés !</p>
<p style="text-align: justify;">La connotation peut aller jusqu’à l’inversion de sens. Par exemple ces termes passe-partout de &laquo;&nbsp;réforme&nbsp;&raquo; ou de &laquo;&nbsp;modernisation&nbsp;&raquo; qui, sous couvert d’effet d’action positive, servent bien souvent à valoriser des politiques réactionnaires, à maquiller des régressions sinon des renforcements conservateurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Le détournement de sens. Les &laquo;&nbsp;pauvres&nbsp;&raquo; deviennent des &laquo;&nbsp;personnes de conditions modestes&nbsp;&raquo; que l’on finira par désigner, par commodité, &laquo;&nbsp;personnes modestes&nbsp;&raquo;. Leur supposé manque d’ambition serait donc la cause principale de leur sort grâce à ce tour de passe-passe (!). C’est la même chose pour les &laquo;&nbsp;opprimés&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;exploités&nbsp;&raquo; qui sont devenus des &laquo;&nbsp;exclus&nbsp;&raquo;. C’est pratique. Il y avait des oppresseurs identifiés, désormais, le terme « exclueur » n’existant pas, l’exclu est responsable de son sort. Et il n’y a donc plus à discuter d’injustice, mais à s’armer de compassion. [1]</p>
<p style="text-align: justify;">Les mots usés. Certains mots sont vidés de leur substance à cause de la saturation médiatique. Exemple &laquo;&nbsp;social&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;réforme&nbsp;&raquo; (encore eux), &laquo;&nbsp;sécurité&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;durable&nbsp;&raquo;… Qui n’a pas remarqué certains termes pendus à la langue de telle ou telle personne médiatisée ? L’appauvrissement du vocabulaire est un corollaire du martèlement. Les mêmes mots revenant en boucle, on fait accroire que peu de termes existent pour décrire le réel. Cela restreint les limites de la pensée. Et cela est servi par des médias de l’instantané, qui ne permettent pas le lien entre temps et pensée, ce qui a permis l’avènement de ce profil moderne d’informé-ignorant.</p>
<p style="text-align: justify;">Les faux dilemmes. Ils relèvent plus du raisonnement que du choix des mots mais résultent et se renforcent de l’appauvrissement lexical. Il est assez criant de constater tous ceux installés dans l’esprit des individus. Celui qui critique un écart, voire un ravage du libéralisme serait un communiste ou un anti-américain. Celui qui souhaite débattre d’une thèse officielle serait un adepte des complots… Le faux dilemme se fonde sur l’esprit manichéen, ou binaire, qui domine partout. Il prône systématiquement le tiers exclu, et réfute la notion de degrés. Telle idéologie est bonne ou pas, « si vous n’êtes pas avec moi vous êtes contre moi » (credo busho-sarkozyste), certaines personnes sont bonnes ou mauvaises dès la naissance, une personne est sotte ou intelligente, tel trait est acquis ou inné… C’est caractéristique de la tournure d’un esprit simpliste. Les réponses argumentées viennent se butter contre une posture réflexe, qui a évacué le raisonnement autonome et souple ; le débat s’en trouve stérilisé.</p>
<p style="text-align: justify;">La création utilitaire. On le voit avec la connotation positive du néologisme « novlangue ». Quand un mot est créé, la signification qui sera adoptée découlera de la connotation que l’on aura voulu lui attribuer. A lire : l’analyse de la fabrication du terme vidéo-protection dans l’article idoine <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/video-protection-un-mythe-pour-pallier-une-triste-realite/">http://www.sentinelles-de-la-republique.com/video-protection-un-mythe-pour-pallier-une-triste-realite/</a>.</p>
<p><strong>L’idéologie libérale** bien servie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nos paroles viennent se mouler dans cette langue aseptisée omniprésente. Et force est de constater que celle-ci sert l’idéologie dominante actuelle. Elle est même partie intégrante de cette dernière qui s’active continuellement à s’auto-valider. C’est d’autant plus décelable à mesure que les contestations prennent de l’ampleur. Bien entendu la propagande n’est pas son apanage, cela concerne tous les pouvoirs et de tous temps. Mais pour le coup, les idées sont présentées comme aux origines d’un système, alors que c’est ce système qui les met en place pour se légitimer. Et l’objectif est le conformisme des gens. C’est très important à savoir, car s’ils n’ont plus les outils pour décrire et comprendre, ils n’en auront pas pour la critique. Les citoyens seraient alors pris dans un carcan invisible, incapables d’imaginer la possibilité d’alternatives viables.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">On peut donc agir sur le cerveau d’autrui en propageant certaines habitudes langagières, en favorisant une fréquence et une interprétation de certains mots. Il faut garder en tête les deux intentions du novlangue. Il empêche d’énoncer des idées, de penser certaines choses, obligeant à répéter des slogans comme des mantras. Et il formate les esprits, en créant des postures mentales qui se fondent à dessein dans l’idéologie dominante. L&#8217;intégration de l&#8217;individu au système devient parfaite.</p>
<p style="text-align: justify;">Rendons donc au dictionnaire sa vertu. Allons le consulter pour que l’esprit entretienne son discernement grâce à la richesse du vocabulaire. C’est l’objet du petit dictionnaire de ce site <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/category/dictionnaire-citoyen/">http://www.sentinelles-de-la-republique.com/category/dictionnaire-citoyen/</a> qui est là pour tenter de contrer le travail de redéfinition constant. Et souvenons-nous aussi du mot d’Albert Camus : <em>« mal nommer les choses c’est ajouter au malheur du monde ».</em> C’est la liberté de pensée qui est en jeu, elle-même garantie, dans son principe, par la déclaration universelle des droits de l’Homme ; parce qu’il faut des mots pour penser.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : Mychkine</p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=135">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=135</a></strong></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">* … et aussi : langage technocratique décourageant, anglicismes inutiles évidents, tabous hypocrites, politiquement correct, langage diplomatique déplacé, langue de bois généralisée, verbiage voulu, démagogie répandue, discours soporifiques, persuasion invisible, omissions méprisantes, messages subliminaux, censure invisible, propagande sournoise, émotions exacerbées, formatage intangible, aliénation insoupçonnée, glissements sémantiques iniques, sujets confinés, redéfinition implicite, lâches circonvolutions, lieux communs neutralisants, autocitations des médias, vocabulaire aseptisé, phraséologie démocratique, brouillage de crâne, vulgarité assumée, semi-mensonges par connotations, barbarismes branchées ineptes, leurre de contradiction, vain pédantisme, termes galvaudés, sophismes répandus, succédanés trompeurs, raccourcis caricaturaux, torrent de paroles.</p>
<p>** Telle que connue dans la pratique jusqu&#8217;à présent.</p>
<p>[1] en substance d’après « LQR, la propagande au quotidien » (Eric Hazan)<br />
philosophie et spiritualité : <a href="http://sergecar.perso.neuf.fr/index.htm">http://sergecar.perso.neuf.fr/index.htm</a><br />
P. Bourdieu : <a href="http://adonnart.free.fr/doc/parler.htm">http://adonnart.free.fr/doc/parler.htm</a><br />
Normand Baillargeon : <a href="http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/normand/cours1.htm#PART08">http://olivier.hammam.free.fr/imports/auteurs/normand/cours1.htm#PART08</a></p>
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		<title>La concentration des médias n&#8217;est pas démocratique</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 11:44:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mychkine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[1. Droit à l’information L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : &#171;&#160;tout individu a droit à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Les médias au service du pouvoir, le pouvoir au service des médias" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/12/2354779905_1.gif" alt="Les médias au service du pouvoir, le pouvoir au service des médias" /></p>
<p><strong>1. Droit à l’information</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : &laquo;&nbsp;tout individu a droit à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d&#8217;expression que ce soit.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, Victor Hugo, cité par Médiapart [1], a dit : &laquo;&nbsp;Le principe de la liberté de la presse n&#8217;est pas moins essentiel, n&#8217;est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s&#8217;appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c&#8217;est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l&#8217;une, c&#8217;est attenter à l&#8217;autre&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">On reconnaît un régime totalitaire par le fait que les médias sont contrôlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et populaires comme celle d&#8217;Oaxaca au Mexique en 2006 passent systématiquement par la prise de contrôle d&#8217;un média audio-visuel. Cela illustre à quel point la maîtrise de l’information est fondamentale pour asseoir son pouvoir, <em>a fortiori</em> à l’encontre ou l’insu de la population, ou pour lutter contre une éventuelle tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant d’une guerre est la vérité ? Les médias sont donc essentiels à la démocratie, peut-être plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont également le baromètre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus puissantes qui soient.</p>
<p><strong>2. Qui possède les médias ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les médias sont très nombreux. Bouquets de chaînes de télévision, magazines spécialisés sur tous les thèmes, stations de radio… sans oublier le labyrinthe d’Internet que nous ne développerons pas, car n’ayant pas atteint encore la puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait d’imaginer derrière cette multitude de marques, de chaînes, une diversité et une pluralité souhaitables. Mais l’effet est trompeur. Derrière ce nombre pléthorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et même de moins en moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Arnaud Lagardère, ami intime de l’actuel chef d’état, qualifié de « mon frère » par ce dernier, possède* les éditions Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay, et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du Dimanche ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ; les chaînes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaîne météo, CanalSatellite, Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.<br />
Groupe de l’industrie aéronautique, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 8,2 milliards d’€.</p>
<p style="text-align: justify;">Martin Bouygues (ami intime de l’actuel chef d’état, parrain d’un de ses fils) et sa famille possèdent* les chaînes de télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés de distribution de films : TFM, la société d’édition vidéo : TF1 Vidéo, les magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite : Métro.<br />
Groupe de bâtiment et travaux publics, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 32,7 milliards d’€.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge Dassault, proche de l’actuel chef d’état, et sa famille possèdent* Le Figaro, L’Express et le Figaro Magazine.<br />
Sénateur, avionneur et marchand d’armes, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires groupe en 2007 : 21 milliards d’€ (selon wikipédia, à vérifier).</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er éditeur de France, le 2ème libraire de France, le 1er quotidien de France, la 1ère chaîne de télévision de France si ce n’est d’Europe. Dans ce pays, la plus grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers : Bouygues, Dassault, Lagardère, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal (canal+, SFR).</p>
<p style="text-align: justify;">Ajoutons encore Bernard Arnault l’homme le plus riche de France, qui fut témoin de mariage de l’actuel chef de l’état et qui possède Les échos. Vincent Bolloré, proche de l’actuel chef de l’état au point de lui prêter son yacht pour les vacances, possède la chaîne de télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.</p>
<p style="text-align: justify;">En voulant parler de concentration, on s’aperçoit que cette concentration est de surcroît, autour de l’actuel chef de l’état !</p>
<p style="text-align: justify;">Rarement autant de pouvoir n&#8217;a été concentré entre les mains d&#8217;agents économiques aussi restreints. Car le biais du capitalisme est qu’après la phase de concurrence, vient le temps du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachète ses anciens adversaires, sinon s’allie avec eux, cherchant par la même occasion à interdire l&#8217;accès au marché à d&#8217;éventuels concurrents. C’est le paradoxe d’un modèle qui, sans garde-fous, tend vers la suprématie, donc l’abus, puisque l’équilibre pluriel de départ est rompu. Depuis les années 90, ce contrôle capitaliste des médias se double d&#8217;une dynamique de concentration.</p>
<p style="text-align: justify;">Que reste-t-il ? Le service public. Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du point de vue déontologique, ce secteur doit s’efforcer d’être neutre. Donc il va s’interdire les méthodes très commerciales de ses concurrents cités plus haut, ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas rattraper son écart d’audience. De plus une nouvelle organisation l’a mis sous la coupe directe du chef de l’état en gage de la suppression de la publicité.</p>
<p><strong>Sondages</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si par définition, le média est le moyen de communication et de diffusion d&#8217;informations, alors sans aucun doute le sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ? Parce qu’ils servent d’auxiliaires très puissants à l’homme politique. Et soyons clair, derrière les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le fond du propos de l’homme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous contestez la mesure, nous avons la preuve – que vous ne pouvez vérifier &#8211; que vous êtes minoritaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui possède les instituts ?<br />
- CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus haut.<br />
- IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs présidente du Medef, organisation dont le frère de NS** fut vice-président jusqu&#8217;à fin août 2006, et invitée à la petite fête de la victoire de mai 2007 au Fouquet’s.<br />
- IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier mariage. Pierre Giacometti, directeur général d&#8217;Ipsos France, lui aussi invité du Fouquet’s.<br />
- Opinionway, a été fondé par Hugues de Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de proximité politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne manquons pas d’impartialité en étant partiels, existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds d&#8217;investissement américain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour actionnaires les fonds d&#8217;investissement Rothschild.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans préjuger d’une orientation politique systématique, on peut bien imaginer que, même s’il s’agit d’une minorité de sujets, les plus sensibles seront traités d’une certaine façon … ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les réponses c’est tellement évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les journalistes des médias de masse n’apporteront pas la précision sur les propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de professionnalisme confine à la désinformation.</p>
<p style="text-align: justify;">L’information libre étant consubstantielle (i.e. inséparable) à la démocratie, il est incroyable qu’une telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel d&#8217;un gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.</p>
<p><strong>3. Problème de la concentration (réunion de toute l&#8217;autorité dans les mains d&#8217;un seul)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui n’a sans doute pas prospéré sans talent. Mais plutôt de montrer en quoi la situation ne convient pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun des établissements financiers qui possèdent les médias n’a ce métier comme activité unique. Et à l’exception de Bertelsmann, le journalisme n’est pas le but premier de ces sociétés. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d’avoir pour client l’état : le bâtiment, les travaux publics et les activités d’armement. Pour le dire de façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que leur passent les politiciens avec l’argent public. Cela pose des problèmes politiques sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces groupes qui contrôlent la télévision ont la capacité d’utiliser le pouvoir conféré par cet outil puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus on constate une dépendance du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir médiatique. Si le groupe a besoin de l’état, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien nécessaire. Par renvoi d’ascenseur, il pourra être servi par des commandes, qui à ces échelles sont très importantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement on a l’impression de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme ont investi dans le secteur chroniquement déficitaire de la presse à l’aube du XXIème siècle ?</p>
<p style="text-align: justify;">De surcroît ce secteur se voit maintenant financé par l’état (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions d’euros distribués sur 3 ans [4] à l&#8217;initiative de NS. Ne s&#8217;agit-il pas avant tout d&#8217;un cadeau à ceux qui l&#8217;ont &laquo;&nbsp;fait&nbsp;&raquo; ? Ou le genre d’opération séduction / siphonnage qu’il maîtrise ? S’il existe bien des journaux dits d’opposition tels le Nouvel Observateur ou Libération, avec sa technique d’ouverture, NS est capable de les dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc… influencé dans son travail ? C.f. ce très bon article de Médiapart [1]. NS a bien compris l’importance de ce IVème pouvoir et continue à y étendre son emprise déjà quasi-hégémonique. Hégémonie ou consanguinité dont il tente de faire croire à l’inexistence en toute occasion.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre personnel je suis frappé de constater que nombre de personnes pensent que le chef de l’état est légitime dès lors qu’il est élu. Mais si, avant l’élection, celui-ci possède les chaînes de télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de celles-ci comme en France (amitié expliquée ou doublée d’une convergence d’intérêts), comment peut-on croire sérieusement que cela ne pèse pas sur l’issue du scrutin, et ce de manière illégitime, hors de l’esprit démocratique ? On peut sans conteste dire que NS a été &laquo;&nbsp;fait&nbsp;&raquo; par et pour les possesseurs de groupes de diffusion.</p>
<p><strong>Comment les médias servent la politique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les éloigner de ce qui les concerne. On est en plein dans l’application de ce propos de Paul Valéry « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. ».</p>
<p style="text-align: justify;">D’où l’information mièvre, vidée de sa substance, l&#8217;écran de fumée de l&#8217;actualité mondaine, l’opinion saturée avec du bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de l’épouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties de la presse de caniveau. &laquo;&nbsp;Attention, danger ! Les pédophiles sont partout, à côté de chez vous.&nbsp;&raquo; Ce qui est recherché, c’est le consentement au système économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias qui œuvrent à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des médias consiste à borner le champ de réflexion politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la presse gratuite, la partialité est invisible derrière des dépêches aseptisées. Et le lecteur ne va pas se plaindre d&#8217;un journal qu’il n’a pas payé &#8211; directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet particulier. [5]</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus grave ce n’est pas ce fait, logique, que nos grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle. Mais c’est qu’en tant qu’outils politiques fondamentaux, ils soient en train de renoncer à leur tâche d’élaboration d’un espace public de discussion et de réflexion, pour ne plus exercer qu’une fonction de <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/p-q-r/">propagande</a>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr il y a des personnes qui remettent en cause l’information reçue, qui savent à quoi s’en tenir, qui ne sont pas consommatrices passives de prêt-à-penser très orienté. Mais ces personnes-là sont en nombre réduit face à l’énorme part de la population qui se préoccupe moins de ces sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">La question des médias est donc une question très sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés pensent à leur place. Ne nous taisons pas face à la “majorité silencieuse” et tonitruante des “télés-réalités”, sachons voir que souvent le « diverti se ment ». L’information est un bien commun. Communiquer librement, un droit. Les groupes multimédias enterrent ce droit. Aujourd’hui, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause, que les issues d’élections sont biaisées et sans doute pire encore, la réflexion personnelle qui permet l&#8217;engagement citoyen combattue.</p>
<p style="text-align: justify;">Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique actuel soit gêné par l’Internet libre. Les campagnes de dénigrement de ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela très inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au pouvoir se pratique déjà. Les vidéos sur Jean S. et l&#8217; EPAD ont été supprimées de Youtube soi disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation de l&#8217;état dans le portail vidéo Dailymotion [6], en toute discrétion, va faciliter encore ce contrôle. Et c&#8217;est là que la déjà forte concentration se poursuit, en commençant par le contrôle d&#8217;un générateur de &laquo;&nbsp;buzz&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : Mychkine</p>
<p><strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=105">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=105</a></strong></p>
<p></strong> </p>
<p>* Précision : au moins en tant qu’actionnaire majoritaire.<br />
** Initiales de l’actuel chef de l’état dont le nom se voit suffisamment souvent.</p>
<p>[1] <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/etats-generaux-de-la-presse-le/article/131008/presse-notre-lettre-ouverte-aux-etats-gen">http://www.mediapart.fr/club/edition/etats-generaux-de-la-presse-le/article/131008/presse-notre-lettre-ouverte-aux-etats-gen</a><br />
[2] <a href="http://www.mediametrie.fr/communiques.php">http://www.mediametrie.fr/communiques.php</a><br />
[3] <a href="http://www.politique.net/2008011202-opinion-way-institut-de-sondages.htm">http://www.politique.net/2008011202-opinion-way-institut-de-sondages.htm</a><br />
[4] <a href="http://parlement-ue2008.fr/rap/a09-104-6-2/a09-104-6-22.html">http://parlement-ue2008.fr/rap/a09-104-6-2/a09-104-6-22.html</a><br />
[5] <a href="http://www.article11.info/spip/spip.php?article470">http://www.article11.info/spip/spip.php?article470</a><br />
[6] <a href="http://www.numerama.com/magazine/14302-l-etat-investit-dans-dailymotion-apres-y-avoir-place-des-hommes.html">http://www.numerama.com/magazine/14302-l-etat-investit-dans-dailymotion-apres-y-avoir-place-des-hommes.html</a><br />
- <a href="http://www.acrimed.org/">http://www.acrimed.org/</a><br />
- <a href="http://www.observatoire-medias.info/">http://www.observatoire-medias.info/</a><br />
- <a href="http://209.85.229.132/search?q=cache:j6L8g4F4DxgJ:www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bourdieu.doc+bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&#038;cd=2&#038;hl=fr&#038;ct=clnk&#038;gl=fr&#038;client=firefox-a">http://209.85.229.132/search?q=cache:j6L8g4F4DxgJ:www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bourdieu.doc+bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&#038;cd=2&#038;hl=fr&#038;ct=clnk&#038;gl=fr&#038;client=firefox-a</a><br />
- <a href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article291">http://www.passerellesud.org/spip.php?article291</a><br />
- <a href="http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/media-democratie/medias-contribuent-ils-au-debat-democratique.html">http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/media-democratie/medias-contribuent-ils-au-debat-democratique.html</a></p>
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		<title>Les guignols de l&#8217;info ne font pas rire l&#8217;Élysée</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 13:08:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lottà</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;« Mieux vaut l&#8217;excès de caricature à l&#8217;excès de censure ». [...] Et de rappeler que la liberté d’expression est un principe démocratique selon lui non négociable.&#160;&#187; nous rapporte fièrement le groupe UMP Boulogne-Billancourt. (1) Quelles belles paroles, garantes à la fois de la liberté de la presse et d&#8217;un droit de regard citoyen constant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-165" title="guignols-info" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/11/guignols-info.jpg" alt="guignols-info" width="390" height="292" /></p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;« Mieux vaut l&#8217;excès de caricature à l&#8217;excès de censure ». [...] Et de rappeler que la liberté d’expression est un principe démocratique selon lui non négociable.&nbsp;&raquo; nous rapporte fièrement le groupe UMP Boulogne-Billancourt. (1)</p>
<p style="text-align: justify;">Quelles belles paroles, garantes à la fois de la liberté de la presse et d&#8217;un droit de regard citoyen constant sur les agissement de notre classe politique.<br />
J&#8217;aimerais vous laisser avec ces mots prononcés le 2 février 2006 lors de l&#8217;affaire des caricatures de Mahomet par un ministre de l&#8217;intérieur alors sûr de son effet sur l&#8217;opinion mais il est impossible pour les sentinelles de ne pas relever la contradiction qu&#8217;il y a avec une affaire beaucoup plus récente mais beaucoup moins relayée dans les médias et impliquant le-dit ministre devenu président de la République : Selon le Canard enchaîné, « l&#8217;Elysée considère que &laquo;&nbsp;les Guignols ont dépassé les bornes dans les caricatures du fiston et de la famille Sarkozy. Le Président souhaiterait, paraît-il, que Bertrand Meheut, le patron de Canal +, se sépare de son directeur adjoint, Rodolphe Belmer, considéré par Sarko comme le responsable des outrances des Guignols&nbsp;&raquo;. » (2)<br />
On nous parle de &laquo;&nbsp;bornes dépassées&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;d&#8217;outrances&nbsp;&raquo; mais c&#8217;est bien cela qui sépare la caricature de la critique documentée et argumentée et qui en fait sa spécificité. Alors quoi ? Le locataire du palais de l&#8217;Élysée s&#8217;emporterait contre <a href="http://www.tuxboard.com/?jean-sarkozy-aux-guignols-videos">quelques sketchs</a> peu amènes envers une tentative manifeste de népotisme et exigerait la démission d&#8217;un responsable un peu trop critique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Dans quel pays sommes nous pour que le président de la République fasse sa loi dans les rédactions d&#8217;entreprises journalistiques privées dont la liberté d&#8217;expression est protégée par la Déclaration de l&#8217;Homme et du Citoyen de 1948 (voir article 19 (3) ) ?</p>
<p style="text-align: justify;">M. Sarkozy, croit-il donc pouvoir empêcher la critique de ses actions, au prétexte que lui-même ne voit pas matière à l’autocritique ? Il se doit d&#8217;accepter que ses actions soient critiquées car la République nous donne à tous et toutes le droit de réfléchir par nous même et aux journalistes le droit de nous informer, fût-ce par la caricature et le rire et le dénigrement qu&#8217;elle permet.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ne nous voilons pas la face, cet épisode n&#8217;est qu&#8217;anecdote dans les relations litigieuses que Monsieur Sarkozy entretien avec la presse que l&#8217;on pourra considérer comme libre, en opposition aux <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/">mass-médias propriétés de ses amis</a> (4) et bien peu loquaces contre ses écarts répétés contre toutes les valeurs portées par la République.<br />
L&#8217;ensemble de ces attaques feront l&#8217;objet d&#8217;un dossier spécial qui promet d&#8217;être bien épais !</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : lottà</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=63">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=63</a></strong></p>
<p>(1) <a href="http://umpboulogne.blogs.com/92/2006/02/sarkozy_propos_.html">http://umpboulogne.blogs.com/92/2006/02/sarkozy_propos_.html</a><br />
(2) <a href="http://www.politique.net/2009110301-sarkozy-contre-les-guignols.htm">http://www.politique.net/2009110301-sarkozy-contre-les-guignols.htm</a><br />
(3) <a href="http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article291">http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article291</a><br />
(4) <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/">http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/</a></p>
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