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	<title>Les Sentinelles De La République &#187; népotisme et clientélisme</title>
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	<description>citoyens engagés et enragés</description>
	<lastBuildDate>Mon, 05 Jul 2010 13:53:47 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Vidéo-protection : un mythe pour pallier une triste réalité</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 13:58:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lottà</dc:creator>
				<category><![CDATA[La main courante]]></category>
		<category><![CDATA[La tour de guet]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[citoyenneté]]></category>
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		<description><![CDATA[La France connaît, il serait malhonnête de le contester, une dégradation notable de la qualité du &#171;&#160;vivre ensemble&#160;&#187;. La classe politique préfèrera réduire le problème au seul aspect &#171;&#160;délinquance&#160;&#187; ; faisant fi par là même de l&#8217;individualisation des rapports entre citoyens au travail comme dans la sphère privée, de la justification et l&#8217;acceptation de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Agression homophobe : la victime se sent-elle vidéo-protégée ?" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/12/videosurveillance-camera-agression-homophobe.jpg" alt="Agression homophobe : la victime se sent-elle vidéo-protégée ?" /></p>
<p style="text-align: justify;">La France connaît, il serait malhonnête de le contester, une dégradation notable de la qualité du &laquo;&nbsp;vivre ensemble&nbsp;&raquo;. La classe politique préfèrera réduire le problème au seul aspect &laquo;&nbsp;délinquance&nbsp;&raquo; ; faisant fi par là même de l&#8217;individualisation des rapports entre citoyens au travail comme dans la sphère privée, de la justification et l&#8217;acceptation de la privatisation de certains services publics&#8230; Ce terme délinquance, martelé par la presse, est désormais systématiquement utilisé pour désigner de manière restrictive <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/d-e-f/">&laquo;&nbsp;la délinquance de rue&nbsp;&raquo;</a>. Et ce sens dérivé finit par être adopté par tous, insidieusement, comme le nouveau sens de ce vocable. Cela conduit à occulter les problèmes de couple et notamment les violences conjugales, les problèmes de voisinage, la consommation de drogues dans les soirées de la haute société, la délinquance financière en col blanc et autres abus de biens sociaux par des dirigeants politiques, les évasions fiscales, l&#8217;embauche de personnels clandestins dans les meilleurs restaurants parisiens que fréquentent nos dirigeants&#8230;<br />
Faisons l&#8217;effort intellectuel de réduire notre pensée au cadre que nous impose la sémantique électoraliste et étudions une des solutions proposées au problème de la délinquance &#8230; de rue : la vidéo-surveillance.<br />
Une solution humaniste, solidaire, à long terme donc courageuse serait que l&#8217;État concentre la plus grande partie de son effort à établir les conditions économiques et sociales adaptées à ce que chacun trouve sa place dans le respect de ses concitoyens. Il s&#8217;attaquerait ainsi aux causes plutôt qu&#8217;aux conséquences. Il faudrait notamment travailler plus fortement à reconnaître à chacun(e) sa place dans la République quels que soient son origine, sa couleur ou son engagement politique, limiter l&#8217;affirmation de soi par la possession ou encore créer les conditions d&#8217;une économie cherchant à conjuguer la compétitivité des entreprises avec la qualité des conditions de travail et de rémunération des employés et des artisans (permettant en même temps de revaloriser la valeur travail par des actes, enfin !, plutôt qu&#8217;uniquement par les discours).<br />
En s’attaquant à sa rentabilité capitalistique, la délinquance &#8230; de rue perdrait l&#8217;attrait principal qui peut justifier d&#8217;en faire une carrière. Quel que soit le système, on trouvera toujours des éléments marginaux mais la présence policière ne serait alors que plus efficace et dissuasive. Le chemin emprunté ces dernières années est contre-productif et semble favoriser ce qu’il combat par « court-termisme ».<br />
La solution présidentielle, sonnant comme un aveu d&#8217;échec de cinq ans d&#8217;exercice au ministère de l&#8217;intérieur et de traitement de la délinquance &#8230; de rue par la répression policière, passe par le développement à l&#8217;anglaise de la vidéo-surveillance (nous évaluerons le fichage génétique ultérieurement) avec la mise en place dès le 15 mai 2007 d&#8217;une <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/">&laquo;&nbsp;Commission nationale de la vidéo-surveillance&nbsp;&raquo;</a>. Il sera intéressant d&#8217;étudier ce site et de prendre connaissance de son contenu, notamment la page d&#8217;accueil, la <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/admcontent/downloadMainDocuments/id/1">déclaration d&#8217;intention</a> de M. Melchior, président du comité de pilotage stratégique de la &laquo;&nbsp;vidéo protection&nbsp;&raquo; ainsi que de la synthèse du <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/document/downloadDocuments/id/90">rapport sur l&#8217;efficacité de la vidéo-protection</a>.</p>
<p>
<strong>Premier exercice : Décoder le &laquo;&nbsp;novlangue&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il faut en croire M. Melchior, &laquo;&nbsp;nous passons de la vidéo-surveillance à la vidéo-protection&nbsp;&raquo;. Ce glissement sémantique n&#8217;est certainement pas innocent. Même si l&#8217;auteur de ce texte est convaincu que l&#8217;application pratique d&#8217;une technique restée identique puisse gagner en efficacité au bout de dix ans sans raison apparente (les biens et les personnes ne seraient plus seulement surveillés mais protégés), il existe un autre axe d&#8217;interprétation que nous allons prendre la peine de parcourir : renommer ce qui est connoté négativement.<br />
Car s&#8217;il devait être malhonnête de ne pas reconnaître la dégradation de la qualité du &laquo;&nbsp;vivre-ensemble&nbsp;&raquo;, il le serait tout autant de contester les dérives que favoriserait la vidéo-surveillance quant aux libertés publiques de tous les honnêtes citoyens. Et ce surtout pour un parti prônant le traitement de la délinquance &#8230; de rue par la seule répression. Ainsi, plutôt que de réaliser un véritable travail de contrôle et d&#8217;encadrement législatif fort de la technique de vidéo-surveillance pour lui donner une véritable légitimité répondant à une demande citoyenne, on change le nom afin de rajouter artificiellement, par un effet de manche et de <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/p-q-r/">communication</a>, une qualité indiscutable. Qui refuserait d&#8217;être protégé ? Mais surtout : qui préfèrerait être surveillé plutôt que protégé ?<br />
La technique de vidéo-surveillance reste essentiellement passive et n&#8217;a profité récemment d&#8217;aucun développement flagrant : un vol ou une agression se déroule pour la victime de la même manière dans une zone équipée de caméra ou non. Et ce de l’aveu même du <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/document/downloadDocuments/id/90">rapport sur l&#8217;efficacité de la vidéo-protection</a> de 2005, &laquo;&nbsp;l’effet « plumeau », c’est-à-dire un déplacement de la délinquance des zones sous vidéo-protection vers les zones non couvertes ne semble pas avéré&nbsp;&raquo;. En revanche le taux d&#8217;élucidation des agressions de la délinquance &#8230; de rue augmenterait, mais ce travail d&#8217;enquête n&#8217;est pas un travail de protection, puisque l&#8217;agression s&#8217;est déjà déroulée. Sauf à redéfinir un autre terme : &laquo;&nbsp;protection&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Le slogan présente lui aussi un vif intérêt. &laquo;&nbsp;Vidéo-protection : la sécurité au service de la liberté&nbsp;&raquo;<br />
On y trouve un couple &laquo;&nbsp;sécurité&nbsp;&raquo; &#8211; &laquo;&nbsp;vidéo-protection&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Sécurité&nbsp;&raquo; est un terme cher à M. Sarkozy, le président de notre République et &laquo;&nbsp;vidéo-protection&nbsp;&raquo; est celui dont nous venons d&#8217;étudier le caractère formaté. Ce couple introduit l&#8217;élément &laquo;&nbsp;liberté&nbsp;&raquo; (du citoyen honnête qui n&#8217;a rien à se reprocher) dont on peut douter qu&#8217;il survive à un maillage dense. En effet le même <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/document/downloadDocuments/id/90">rapport sur l&#8217;efficacité de la vidéo-protection</a>, relève que &laquo;&nbsp;le taux d’élucidation global ne progresse significativement que dans les villes où une forte densité de caméras a été installée&nbsp;&raquo;.<br />
En revenant aux sources sémantiques du terme &laquo;&nbsp;vidéo-protection&nbsp;&raquo; ( &laquo;&nbsp;vidéo-protection&nbsp;&raquo; est une construction formatée issue de &laquo;&nbsp;vidéo-surveillance&nbsp;&raquo; qui n&#8217;est elle même qu&#8217;une technique de &laquo;&nbsp;surveillance&nbsp;&raquo; ) et en retirant le terme &laquo;&nbsp;sécurité&nbsp;&raquo; qui n&#8217;apparaît ici que comme fil conducteur du discours présidentiel permanent, on aboutit à une version épurée et fort intéressante de ce slogan : &laquo;&nbsp;la surveillance c&#8217;est la liberté&nbsp;&raquo;. Et pourquoi pas &laquo;&nbsp;l’ignorance c&#8217;est la force&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;la guerre c’est la paix&nbsp;&raquo; ?! Fais ton choix, citoyen(ne) !</p>
<p>
<strong>Deuxième exercice : Explication de texte et contradiction</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Étudier un texte c&#8217;est s&#8217;intéresser au fond comme à la forme, cependant nous ne ferons que relever la difficile maîtrise de la ponctuation dont nous sommes gratifiés dans la <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/admcontent/downloadMainDocuments/id/1">déclaration d&#8217;intention</a> de M. Melchior.<br />
M. Melchior qui, se passant d&#8217;ailleurs de titre, d&#8217;entête comme d&#8217;introduction, commence son texte par un tonitruant &laquo;&nbsp;Depuis une dizaine d’années, la vidéo-surveillance a fait ses preuves&nbsp;&raquo;. On appréciera la rigueur de la datation (pour mémoire &laquo;&nbsp;le décret [date] du 17 octobre 1996&#8243; (1) ) mais surtout, et sans rire, le caractère péremptoire de cette affirmation. Pour connaître la véritable efficacité de la vidéo-surveillance, il nous faut traverser la Manche et rejoindre le pays le plus télé-surveillé d&#8217;Europe, le Royaume-Uni, dont M. Sarkozy a fait son modèle sur ce thème ainsi que pour le fichage génétique de la population (2 millions de personnes fichées en 2003 au Royaume-Uni). Si l&#8217;on en croit l&#8217;expérience de Scotland Yard dans ce domaine et la <a href="http://www.guardian.co.uk/uk/2008/may/06/ukcrime1">voix du chef du bureau des images visuelles, des identifications et des détections (en anglais, viido)</a> le taux d&#8217;élucidation des vols de rue à Londres s&#8217;élève, grâce à la vidéo-surveillance, à 3% ! ( &laquo;&nbsp;Only 3% of street robberies in London were solved using CCTV images&nbsp;&raquo; ). Combien de milliards de Livres ont été dépensés pour ces 3 malheureux pour-cent ? Combien de milliards d&#8217;Euros vont-ils être dépensés pour atteindre ces faramineux 3% qui assureront soi-disant notre &laquo;&nbsp;protection&nbsp;&raquo; ?<br />
D&#8217;ailleurs, de telles statistiques ne sont tout simplement pas évoquées sur la page d&#8217;accueil du site et ne sont jamais chiffrées dans la synthèse du <a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/document/downloadDocuments/id/90">rapport sur l&#8217;efficacité de la vidéo-protection</a>. Si elles avaient été favorables, elles auraient été mises en valeur plutôt deux fois qu’une. Cette absence signe un vide d&#8217;information loyale qui est comblé par la mise en avant d&#8217;un unique fait-divers élucidé grâce à la &laquo;&nbsp;vidéo-protection&nbsp;&raquo; et censé justifier à lui seul des milliards d&#8217;Euros de dépenses. Remarquons à nouveau que l&#8217;objectif de protection a échoué car le délit, bien qu&#8217;élucidé, a bel et bien eu lieu. ( &laquo;&nbsp;Un jeune homme ayant braqué une pharmacie à Arcs-sur-Argens dans le Var, a été identifié par le gendarme chargé de visualiser les images de vidéo-protection&nbsp;&raquo; )</p>
<p>
<strong>Troisième exercice : voir plus loin en revenant aux sources</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La vidéo-protection montrant ses limites et son caractère &laquo;&nbsp;vendeur&nbsp;&raquo;, elle se disqualifie elle-même pour justifier sa mise en place. Reste la vidéo-surveillance sans fard, avec ses points positifs mais aussi ses points négatifs :<br />
- surveillance de tous et perte de vie privée, même pour les honnêtes citoyens ;<br />
- entretien du sentiment de siège et de menace permanente, la rue n&#8217;est plus un espace public mais un lieu <em>a priori</em> dangereux.<br />
Sur le même modèle de la dégradation des conditions de travail liée, entre autres, à une gestion personnalisée des plans de carrière, se rajoute un effet d&#8217;individualisation par la peur. On rejoint ici la politique visant à diviser pour mieux régner, consistant à isoler les personnes pour qu’ainsi affaiblies elles ne s’associent pas dans une quelconque action engagée. Car les gouvernements et leurs alliés industriels ont plus que tout peur de l&#8217;organisation des citoyens, telles les luttes ouvrières en leur temps.</p>
<p style="text-align: justify;">La réalité c&#8217;est aussi le coût faramineux. M. Sarkozy demandait en 2007 l&#8217;implantation de 1 million de caméras de vidéo-surveillance autorisées d&#8217;ici 2009 (2), sachant que le projet commandé par la ville de Vannes pour 27 caméras est de presque 1 million d&#8217;Euros ! (3) Pour un projet dont le Figaro titra sur l&#8217;inefficacité au niveau national. (4)</p>
<p>
<strong>Conclusion :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi une démocratie qui se voudrait humaniste et solidaire choisirait une solution qui n&#8217;est ni efficace ni économiquement viable pour résoudre l&#8217;objectif affiché officiellement : réduire la délinquance &#8230; de rue. Si le chef de l&#8217;État était l&#8217;acteur pragmatique qu&#8217;il prétend être, cherchant à assurer sécurité ET liberté ET rentabilité, celui-ci devrait naturellement prendre la décision de stopper ce projet dont on a pu voir qu&#8217;il n&#8217;atteignait aucun de ces objectifs. Sinon il se disqualifie lui même de &laquo;&nbsp;pragmatique&nbsp;&raquo; : qui est capable de reconnaître qu&#8217;il faut abandonner une technique inefficace à atteindre les objectifs fixés. Alors pourquoi poursuivre dans ce sens ? Une explication serait que tout cela n&#8217;est que discours voué à endormir la critique et à cacher d&#8217;autres objectifs plus importants, moins avouables mais effectivement atteints et justifiant de poursuivre la mise en place de la vidéo-surveillance.<br />
Nous sommes loin d&#8217;un état dictatorial, mais il faut constater que ce système permettrait avant tout de mieux réprimer les mouvements de contestation populaires. En attendant, ces milliards d&#8217;Euros de nos impôts iront de notre poche à celle de quelques lobbyistes, pour assurer la répression de nos propres mécontentements. Et ce par choix idéologique, en contradiction totale avec le pragmatisme affiché.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : lottà</p>
<p><strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=106">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=106</a></strong></p>
<p></strong> </p>
<p>Références :<br />
(1) <a href="http://www.ume.asso.fr/IMG/doc/Videosurveillance.doc">http://www.ume.asso.fr/IMG/doc/Videosurveillance.doc</a><br />
(2) <a href="http://pmv4.premier-ministre.gouv.fr/pm_article.php3?id_article=57751">http://pmv4.premier-ministre.gouv.fr/pm_article.php3?id_article=57751</a><br />
(3) <a href="http://www.entreprise-transparence.com/transparence-actualites/videosurveillance-a-vannes-les-27-sites-dimplantation-de-cameras-devoiles/">http://www.entreprise-transparence.com/transparence-actualites/videosurveillance-a-vannes-les-27-sites-dimplantation-de-cameras-devoiles/</a><br />
(4) <a href="http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/21/01016-20090821ARTFIG00361-videosurveillance-le-rapport-qui-prouve-son-efficacite-.php">http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/08/21/01016-20090821ARTFIG00361-videosurveillance-le-rapport-qui-prouve-son-efficacite-.php</a><br />
<a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/">http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/</a><br />
<a href="http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/admcontent/downloadMainDocuments/id/1">http://www.videoprotection.interieur.gouv.fr/admcontent/downloadMainDocuments/id/1</a><br />
<a href="http://www.guardian.co.uk/uk/2008/may/06/ukcrime1">http://www.guardian.co.uk/uk/2008/may/06/ukcrime1</a><br />
<a href="http://souriez.info/Villes-sous-videosurveillance">http://souriez.info/Villes-sous-videosurveillance</a></p>
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		<title>La concentration des médias n&#8217;est pas démocratique</title>
		<link>http://www.sentinelles-de-la-republique.com/la-concentration-des-medias-nest-pas-democratique/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Dec 2009 11:44:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mychkine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[1. Droit à l’information L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : &#171;&#160;tout individu a droit à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Les médias au service du pouvoir, le pouvoir au service des médias" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/12/2354779905_1.gif" alt="Les médias au service du pouvoir, le pouvoir au service des médias" /></p>
<p><strong>1. Droit à l’information</strong></p>
<p style="text-align: justify;">L’article 19 de la Déclaration des droits de l’homme de 1948 indique : &laquo;&nbsp;tout individu a droit à la liberté d&#8217;opinion et d&#8217;expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d&#8217;expression que ce soit.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, Victor Hugo, cité par Médiapart [1], a dit : &laquo;&nbsp;Le principe de la liberté de la presse n&#8217;est pas moins essentiel, n&#8217;est pas moins sacré que le principe du suffrage universel. Ce sont les deux côtés du même fait. Ces deux principes s&#8217;appellent et se complètent réciproquement. La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c&#8217;est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l&#8217;une, c&#8217;est attenter à l&#8217;autre&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">On reconnaît un régime totalitaire par le fait que les médias sont contrôlés par le pouvoir politique. Les révoltes sociales et populaires comme celle d&#8217;Oaxaca au Mexique en 2006 passent systématiquement par la prise de contrôle d&#8217;un média audio-visuel. Cela illustre à quel point la maîtrise de l’information est fondamentale pour asseoir son pouvoir, <em>a fortiori</em> à l’encontre ou l’insu de la population, ou pour lutter contre une éventuelle tentative de désinformation. Ne dit-on pas également que le premier perdant d’une guerre est la vérité ? Les médias sont donc essentiels à la démocratie, peut-être plus encore que les autres pouvoirs. Ils en sont également le baromètre. Et les dirigeants de grands médias sont les personnes parmi les plus puissantes qui soient.</p>
<p><strong>2. Qui possède les médias ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les médias sont très nombreux. Bouquets de chaînes de télévision, magazines spécialisés sur tous les thèmes, stations de radio… sans oublier le labyrinthe d’Internet que nous ne développerons pas, car n’ayant pas atteint encore la puissance et la visibilité des autres supports. Le réflexe naturel serait d’imaginer derrière cette multitude de marques, de chaînes, une diversité et une pluralité souhaitables. Mais l’effet est trompeur. Derrière ce nombre pléthorique, paradoxalement il y a peu de personnes, et même de moins en moins.</p>
<p style="text-align: justify;">Arnaud Lagardère, ami intime de l’actuel chef d’état, qualifié de « mon frère » par ce dernier, possède* les éditions Hachette, Fayard, Grasset, Hatier, Hazan, Le Masque, Marabout, Pluriel, Stock, Le Livre de Poche, Larousse, Armand Colin, Dalloz et Dunod ; les magasins Relay, et Virgin ; les titres de presse Paris-Match, Elle magazine, le Journal du Dimanche ; les stations radio Europe1, Europe 2, RFM ; les chaînes de télévision Canal J, MCM, Mezzo, Tiji, Match TV, la chaîne météo, CanalSatellite, Planète, Planète Future, Planète Thalassa, Canal Jimmy, Season, CinéCinéma, AlloCinéInfo et EuroChannel ; entre autres.<br />
Groupe de l’industrie aéronautique, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 8,2 milliards d’€.</p>
<p style="text-align: justify;">Martin Bouygues (ami intime de l’actuel chef d’état, parrain d’un de ses fils) et sa famille possèdent* les chaînes de télévision TF1, LCI, Odyssée, Eurosport, Histoire, UshuaïaTV, S Star, Cinétoile, Cinéstar, Télétoon, Infosport, Série Club, TF6, TV Breizh ; les sociétés de production de films : Téléma, Film Par Film, TF1 Film Production, les sociétés de distribution de films : TFM, la société d’édition vidéo : TF1 Vidéo, les magazines Tfou Mag, Star Academy, et pour la presse écrite quotidienne gratuite : Métro.<br />
Groupe de bâtiment et travaux publics, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires en 2008 : 32,7 milliards d’€.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge Dassault, proche de l’actuel chef d’état, et sa famille possèdent* Le Figaro, L’Express et le Figaro Magazine.<br />
Sénateur, avionneur et marchand d’armes, gros client de marchés publics. Chiffre d’affaires groupe en 2007 : 21 milliards d’€ (selon wikipédia, à vérifier).</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ces 3 personnes nous avons listé notamment le 1er éditeur de France, le 2ème libraire de France, le 1er quotidien de France, la 1ère chaîne de télévision de France si ce n’est d’Europe. Dans ce pays, la plus grande partie des médias est donc détenue par cinq empires financiers : Bouygues, Dassault, Lagardère, Bertelsmann (groupe RTL, M6), Vivendi-Universal (canal+, SFR).</p>
<p style="text-align: justify;">Ajoutons encore Bernard Arnault l’homme le plus riche de France, qui fut témoin de mariage de l’actuel chef de l’état et qui possède Les échos. Vincent Bolloré, proche de l’actuel chef de l’état au point de lui prêter son yacht pour les vacances, possède la chaîne de télévision Direct8, les journaux gratuits Direct Soir et Matin Plus, en plus du groupe publicitaire Havas contenant RSCG de Jacques Séguéla.</p>
<p style="text-align: justify;">En voulant parler de concentration, on s’aperçoit que cette concentration est de surcroît, autour de l’actuel chef de l’état !</p>
<p style="text-align: justify;">Rarement autant de pouvoir n&#8217;a été concentré entre les mains d&#8217;agents économiques aussi restreints. Car le biais du capitalisme est qu’après la phase de concurrence, vient le temps du monopole de celui qui a gagné la bataille de la concurrence, et qui rachète ses anciens adversaires, sinon s’allie avec eux, cherchant par la même occasion à interdire l&#8217;accès au marché à d&#8217;éventuels concurrents. C’est le paradoxe d’un modèle qui, sans garde-fous, tend vers la suprématie, donc l’abus, puisque l’équilibre pluriel de départ est rompu. Depuis les années 90, ce contrôle capitaliste des médias se double d&#8217;une dynamique de concentration.</p>
<p style="text-align: justify;">Que reste-t-il ? Le service public. Sa part de marchés reste inférieure [2]. Du point de vue déontologique, ce secteur doit s’efforcer d’être neutre. Donc il va s’interdire les méthodes très commerciales de ses concurrents cités plus haut, ou au pire les emprunter dans une certaine mesure, ce qui ne lui fera pas rattraper son écart d’audience. De plus une nouvelle organisation l’a mis sous la coupe directe du chef de l’état en gage de la suppression de la publicité.</p>
<p><strong>Sondages</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si par définition, le média est le moyen de communication et de diffusion d&#8217;informations, alors sans aucun doute le sondage est devenu un média. Pourquoi les sondages sont-ils si importants ? Parce qu’ils servent d’auxiliaires très puissants à l’homme politique. Et soyons clair, derrière les circonvolutions du discours bienfaisant et rassembleur, le fond du propos de l’homme politique est beaucoup plus net et agressif : si vous contestez la mesure, nous avons la preuve – que vous ne pouvez vérifier &#8211; que vous êtes minoritaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Qui possède les instituts ?<br />
- CSA est possédé par Vincent Bolloré, cité plus haut.<br />
- IFOP est dirigé par Laurence Parisot, par-ailleurs présidente du Medef, organisation dont le frère de NS** fut vice-président jusqu&#8217;à fin août 2006, et invitée à la petite fête de la victoire de mai 2007 au Fouquet’s.<br />
- IPSOS a pour administrateur notamment Nicolas Bazire, conseiller personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son dernier mariage. Pierre Giacometti, directeur général d&#8217;Ipsos France, lui aussi invité du Fouquet’s.<br />
- Opinionway, a été fondé par Hugues de Cazenave. Voir cet article de politique.net [3] pour la mise en évidence de proximité politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne manquons pas d’impartialité en étant partiels, existent aussi la SOFRES qui a pour actionnaire les fonds d&#8217;investissement américain Fidelity ; LH2 (ex-Louis Harris) qui a été vendu par TNS à deux de ses dirigeants et BVA qui a pour actionnaires les fonds d&#8217;investissement Rothschild.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans préjuger d’une orientation politique systématique, on peut bien imaginer que, même s’il s’agit d’une minorité de sujets, les plus sensibles seront traités d’une certaine façon … ou pas du tout. Quant aux questions qui orientent les réponses c’est tellement évident, que certaines études sont tout simplement honteuses. Et les journalistes des médias de masse n’apporteront pas la précision sur les propriétaires des instituts et leurs autres activités. Ce manque de professionnalisme confine à la désinformation.</p>
<p style="text-align: justify;">L’information libre étant consubstantielle (i.e. inséparable) à la démocratie, il est incroyable qu’une telle force, les médias, soit autorisée légalement à une telle consanguinité avec les pouvoirs économiques et politiques. Une démocratie qui laisse cela se mettre en place ne fonctionne pas correctement dans le sens constitutionnel d&#8217;un gouvernement par tou(te)s pour tou(te)s.</p>
<p><strong>3. Problème de la concentration (réunion de toute l&#8217;autorité dans les mains d&#8217;un seul)</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il ne s’agit pas de stigmatiser telle ou telle entreprise qui n’a sans doute pas prospéré sans talent. Mais plutôt de montrer en quoi la situation ne convient pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun des établissements financiers qui possèdent les médias n’a ce métier comme activité unique. Et à l’exception de Bertelsmann, le journalisme n’est pas le but premier de ces sociétés. Il s’agit même de groupes qui ont comme particularité d’avoir pour client l’état : le bâtiment, les travaux publics et les activités d’armement. Pour le dire de façon peu diplomatique, ils doivent leur pouvoir et richesses aux commandes que leur passent les politiciens avec l’argent public. Cela pose des problèmes politiques sérieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces groupes qui contrôlent la télévision ont la capacité d’utiliser le pouvoir conféré par cet outil puissant au bénéfice de leurs autres activités. Cela ne se fait pas forcément ouvertement. Mais par exemple on ne sera pas informé sur les activités en Afrique des grands groupes français, Bolloré notamment.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus on constate une dépendance du pouvoir politique vis-à-vis du pouvoir médiatique. Si le groupe a besoin de l’état, il a les moyens pour lui apporter tout le soutien nécessaire. Par renvoi d’ascenseur, il pourra être servi par des commandes, qui à ces échelles sont très importantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement on a l’impression de répondre à la question : pourquoi ces entreprises championnes du capitalisme ont investi dans le secteur chroniquement déficitaire de la presse à l’aube du XXIème siècle ?</p>
<p style="text-align: justify;">De surcroît ce secteur se voit maintenant financé par l’état (et donc par les citoyens) via un plan de 600 millions d’euros distribués sur 3 ans [4] à l&#8217;initiative de NS. Ne s&#8217;agit-il pas avant tout d&#8217;un cadeau à ceux qui l&#8217;ont &laquo;&nbsp;fait&nbsp;&raquo; ? Ou le genre d’opération séduction / siphonnage qu’il maîtrise ? S’il existe bien des journaux dits d’opposition tels le Nouvel Observateur ou Libération, avec sa technique d’ouverture, NS est capable de les dompter par cette aide. Qui ne serait pas séduit et donc… influencé dans son travail ? C.f. ce très bon article de Médiapart [1]. NS a bien compris l’importance de ce IVème pouvoir et continue à y étendre son emprise déjà quasi-hégémonique. Hégémonie ou consanguinité dont il tente de faire croire à l’inexistence en toute occasion.</p>
<p style="text-align: justify;">À titre personnel je suis frappé de constater que nombre de personnes pensent que le chef de l’état est légitime dès lors qu’il est élu. Mais si, avant l’élection, celui-ci possède les chaînes de télévisions comme en Italie ou a pour amis proches les propriétaires de celles-ci comme en France (amitié expliquée ou doublée d’une convergence d’intérêts), comment peut-on croire sérieusement que cela ne pèse pas sur l’issue du scrutin, et ce de manière illégitime, hors de l’esprit démocratique ? On peut sans conteste dire que NS a été &laquo;&nbsp;fait&nbsp;&raquo; par et pour les possesseurs de groupes de diffusion.</p>
<p><strong>Comment les médias servent la politique</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le principe est de ne pas faire réfléchir les gens, de les éloigner de ce qui les concerne. On est en plein dans l’application de ce propos de Paul Valéry « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. ».</p>
<p style="text-align: justify;">D’où l’information mièvre, vidée de sa substance, l&#8217;écran de fumée de l&#8217;actualité mondaine, l’opinion saturée avec du bruit médiatique sur des sujets mineurs. Sans oublier le maniement de l’épouvantail de la peur avec les affaires de droit commun qui semblent sorties de la presse de caniveau. &laquo;&nbsp;Attention, danger ! Les pédophiles sont partout, à côté de chez vous.&nbsp;&raquo; Ce qui est recherché, c’est le consentement au système économique en vigueur : le libéralisme mondialisé. Les multinationales, qui ont le pouvoir réel, contrôlent les médias qui œuvrent à créer les « illusions nécessaires » préalables à ce consentement. In fine le travail des médias consiste à borner le champ de réflexion politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à la presse gratuite, la partialité est invisible derrière des dépêches aseptisées. Et le lecteur ne va pas se plaindre d&#8217;un journal qu’il n’a pas payé &#8211; directement pour le moins. Lire par exemple cet article sur ce sujet particulier. [5]</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus grave ce n’est pas ce fait, logique, que nos grands médias deviennent de plus en plus acteurs de la société du spectacle. Mais c’est qu’en tant qu’outils politiques fondamentaux, ils soient en train de renoncer à leur tâche d’élaboration d’un espace public de discussion et de réflexion, pour ne plus exercer qu’une fonction de <a href="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/p-q-r/">propagande</a>.</p>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr il y a des personnes qui remettent en cause l’information reçue, qui savent à quoi s’en tenir, qui ne sont pas consommatrices passives de prêt-à-penser très orienté. Mais ces personnes-là sont en nombre réduit face à l’énorme part de la population qui se préoccupe moins de ces sujets.</p>
<p style="text-align: justify;">La question des médias est donc une question très sérieuse, qui concerne tous ceux qui refusent que les marchés pensent à leur place. Ne nous taisons pas face à la “majorité silencieuse” et tonitruante des “télés-réalités”, sachons voir que souvent le « diverti se ment ». L’information est un bien commun. Communiquer librement, un droit. Les groupes multimédias enterrent ce droit. Aujourd’hui, en France, on peut dire que le pluralisme politique dans les médias est gravement mis en cause, que les issues d’élections sont biaisées et sans doute pire encore, la réflexion personnelle qui permet l&#8217;engagement citoyen combattue.</p>
<p style="text-align: justify;">Au vu de cela, on comprendra que le pouvoir politique actuel soit gêné par l’Internet libre. Les campagnes de dénigrement de ce nouveau média ainsi que les lois visant à contenir son impact sont en cela très inquiétantes. Et la suppression de vidéos mettant en cause la caste au pouvoir se pratique déjà. Les vidéos sur Jean S. et l&#8217; EPAD ont été supprimées de Youtube soi disant pour propriété intellectuelle. La prise de participation de l&#8217;état dans le portail vidéo Dailymotion [6], en toute discrétion, va faciliter encore ce contrôle. Et c&#8217;est là que la déjà forte concentration se poursuit, en commençant par le contrôle d&#8217;un générateur de &laquo;&nbsp;buzz&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : Mychkine</p>
<p><strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=105">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=105</a></strong></p>
<p></strong> </p>
<p>* Précision : au moins en tant qu’actionnaire majoritaire.<br />
** Initiales de l’actuel chef de l’état dont le nom se voit suffisamment souvent.</p>
<p>[1] <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/etats-generaux-de-la-presse-le/article/131008/presse-notre-lettre-ouverte-aux-etats-gen">http://www.mediapart.fr/club/edition/etats-generaux-de-la-presse-le/article/131008/presse-notre-lettre-ouverte-aux-etats-gen</a><br />
[2] <a href="http://www.mediametrie.fr/communiques.php">http://www.mediametrie.fr/communiques.php</a><br />
[3] <a href="http://www.politique.net/2008011202-opinion-way-institut-de-sondages.htm">http://www.politique.net/2008011202-opinion-way-institut-de-sondages.htm</a><br />
[4] <a href="http://parlement-ue2008.fr/rap/a09-104-6-2/a09-104-6-22.html">http://parlement-ue2008.fr/rap/a09-104-6-2/a09-104-6-22.html</a><br />
[5] <a href="http://www.article11.info/spip/spip.php?article470">http://www.article11.info/spip/spip.php?article470</a><br />
[6] <a href="http://www.numerama.com/magazine/14302-l-etat-investit-dans-dailymotion-apres-y-avoir-place-des-hommes.html">http://www.numerama.com/magazine/14302-l-etat-investit-dans-dailymotion-apres-y-avoir-place-des-hommes.html</a><br />
- <a href="http://www.acrimed.org/">http://www.acrimed.org/</a><br />
- <a href="http://www.observatoire-medias.info/">http://www.observatoire-medias.info/</a><br />
- <a href="http://209.85.229.132/search?q=cache:j6L8g4F4DxgJ:www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bourdieu.doc+bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&#038;cd=2&#038;hl=fr&#038;ct=clnk&#038;gl=fr&#038;client=firefox-a">http://209.85.229.132/search?q=cache:j6L8g4F4DxgJ:www.cnam.fr/lipsor/dso/articles/fiche/bourdieu.doc+bourdieu+sur+la+t%C3%A9l%C3%A9vision&#038;cd=2&#038;hl=fr&#038;ct=clnk&#038;gl=fr&#038;client=firefox-a</a><br />
- <a href="http://www.passerellesud.org/spip.php?article291">http://www.passerellesud.org/spip.php?article291</a><br />
- <a href="http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/media-democratie/medias-contribuent-ils-au-debat-democratique.html">http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/enjeux/media-democratie/medias-contribuent-ils-au-debat-democratique.html</a></p>
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		<title>Grippe A H1N1 : une vaccination controversée</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 20:55:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lottà</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est aujourd’hui que débute la campagne de vaccination contre le virus H1N1. J’imagine que ça ne vous a pas échappé. Ni non plus qu’une certaine polémique concernant l’opportunité de cette vaccination s’est développée. Ce n’est pas mon rôle de citoyen de donner des avis médicaux sur cette question, mais en revanche, c’est tout à fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Vaccination grippe porcine" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/11/vaccin-grippe-a.jpg" alt="grippe porcine : Vaccination controversée" width="520" height="341" /></p>
<p style="text-align: justify;">C’est aujourd’hui que débute la campagne de vaccination contre le virus H1N1. J’imagine que ça ne vous a pas échappé. Ni non plus qu’une certaine polémique concernant l’opportunité de cette vaccination s’est développée. Ce n’est pas mon rôle de citoyen de donner des avis médicaux sur cette question, mais en revanche, c’est tout à fait mon boulot de soulever quelques points de droit ou d’éthique, quelques statistiques, et de relayer quelques résultats d’études scientifiques.</p>
<p><strong>Le droit de choisir</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Premier point essentiel : à moins que ne soit déclaré un quelconque état d’urgence (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), c’est au patient, et au patient seul, de décider d’accepter quelque traitement que ce soit d’un médecin. Le médecin est censé lui apporter une information complète et loyale lui permettant de prendre sa décision en toute objectivité. Vous avez donc parfaitement le droit de demander, si vous vous interrogez sur l’opportunité de cette vaccination, à évaluer votre situation personnelle avec un médecin en qui vous avez toute confiance. Personne n’a le droit de vous faire culpabiliser de recevoir, ou de refuser, ce vaccin.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous avez aussi, pour vous aider dans vos décisions, le droit de vous informer à toute source indépendante que vous jugerez pertinente. C’est un peu plus délicat, car cela vous demandera un effort de connaissance et de compréhension important, mais vous ne le regretterez sans doute pas.</p>
<p><strong>Les risques et les bénéfices</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En science, et particulièrement en matière de santé, on ne décide pas au hasard, à l’intuition, de ce qui est bon ou pas. On se base au contraire sur des études aussi approfondies que possible. C’est sans doute ce que la science a de plus estimable : exiger d’elle-même la preuve de son efficacité. En matière de vaccination, on est donc supposé évaluer objectivement les risques et les bénéfices : si le bénéfice est clairement plus important que le risque, on décide que la vaccination est utile.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette évaluation doit se faire au niveau collectif (est-il utile de lancer une campagne de vaccination), puis au niveau individuel (le vaccin est-il indiqué ou pas, pour chaque patient). On comprend dès lors que chaque vaccin devrait être évalué avec le plus grand sérieux avant sa mise sur le marché, et aussi après, pour en évaluer les éventuels effets secondaires à long terme.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais est-ce le cas ? Et que donnent les évaluations existantes pour les vaccins contre la grippe saisonnière, celle qui revient chaque années et qu’on connaît donc bien ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et bien, à ce qu’on sait, ce n’est pas brillant. D’abord, leur efficacité est douteuse, limitée à certaines catégories de la population. Quant aux risques éventuels, ils sont assez mal évalués. Prenez le temps de lire <a href="http://www.lanutrition.fr/La-vaccination-de-masse-contre-la-grippe-saisonni%C3%A8re-n-est-pas-justifi%C3%A9e-a-3775.htm">cet article</a> de Thierry Souccar, s’appuyant sur les études existantes, dont voici la conclusion :</p>
<p style="text-align: justify;">“Au final, la vaccination de 5 millions de Français chaque année prévient probablement au mieux quelques dizaines à quelques centaines de décès. Vous trouvez que c’est mieux que rien ? Certes, encore faudrait-il connaître les risques éventuels liés au vaccin. Et là aussi le bât blesse : « Aussi incroyable que cela paraisse, il n’existe quasiment pas de données sur la sécurité de ces vaccins, explique Tom Jefferson. Chez les personnes âgées, en dépit d’une base de données de plusieurs millions d’observations, la sécurité n’a été rapportée que dans cinq essais contrôlés portant sur moins de 3 000 personnes. Et encore, la période d’observation n’a duré qu’une semaine ». Il n’y a certes pas de preuves que le vaccin contre la grippe saisonnière soit dangereux, mais il est surprenant que ces questions de sécurité intéressent si peu les autorités sanitaires.”</p>
<p style="text-align: justify;">D’autres auteurs, tels que le Dr Marc Girard, se basant sur les études existantes, parviennent aux même conclusions : une efficacité douteuse, des risques mal évalués.</p>
<p><strong>Une pandémie redoutable ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Oui mais, me direz-vous, nous ne sommes pas dans le cas d’une épidémie de grippe classique. Cette pandémie est d’une autre trempe, il faut donc prendre des mesures exceptionnelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Là encore, étudions les chiffres : durant tout l’hiver austral, l’hémisphère sud a recensé autour de 6000 morts du fait de la grippe A. Ca peut faire peur, mais c’est tout de suite moins impressionnant si on compare ce chiffre à la mortalité habituelle de la grippe saisonnière : 6000 morts, <a href="http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/maux-hiver/articles/11320-grippe-saisonniere.htm">c’est comparable à ce que l’on recense en France chaque année</a>. Rien qu’en France, pas dans tout l’hémisphère sud. Pour l’instant, cette épidémie est donc moins virulente que l’épidémie habituelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle peut devenir redoutable. Le virus peut muter. Mais alors, qui peut garantir, ou même supposer, que le vaccin contre le virus actuel (en supposant qu’il le soit aujourd’hui), sera encore le moins du monde efficace ? Si un médecin compétent dans le domaine peut m’affirmer ça avec quelques arguments, je suis preneur.</p>
<p><strong>Un vaccin bâclé</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne peux pas juger de la qualité de l’évaluation des vaccins qui sont en train d’être mis sur le marché. Je peux juste, là encore, en tant que citoyen, m’étonner de la manière dont ces vaccins ont été développés, puis acceptés par les gouvernements.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour développer un médicament, quel qu’il soit, et les vaccins en font partie, il faut passer par des procédures assez compliquées de mise sur le marché. Des études sur l’innocuité, notamment, qui prennent quelques temps, et puis des procédures administratives assez longues. Tout ça prend des années, durant lesquelles on évalue les risques patiemment. Ce n’est même pas toujours suffisant : il arrive assez fréquemment qu’un médicament soit retiré de la vente après sa mise sur le marché, parce qu’on découvre des effets secondaires graves que les évaluations avaient laissé passer : plusieurs années d’évaluation sur quelques milliers de personnes sont parfois insuffisantes pour connaître les effets à long terme d’une substance active.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’en est-il de notre vaccin ? A-t-il été évalué plusieurs années ? Non. Plusieurs mois ? Ca dépend ce ce que vous entendez par plusieurs. Sachant que les études ont commencé en août, qu’il y a obligatoirement plusieurs phases d’essais cliniques, et que les premiers vaccins ont été livrés dès octobre, cela veut dire que l’ensemble des processus d’évaluation a duré deux mois au maximum. Quelques semaines au maximum pour chaque phase des essais.</p>
<p style="text-align: justify;">L’argument généralement utilisé pour justifier de cette très courte évaluation, c’est qu’on a du recul sur les vaccins contre la grippe, et qu’on peut donc simplifier les procédures. Mais nous avons vu que ce recul est pour le moins relatif, et cela contredit un autre argument qu’on nous sert par ailleurs : cette pandémie est exceptionnelle, elle est fondamentalement différente de la grippe saisonnière classique. Mais alors, si elle est fondamentalement différente, comment peut-on la prévenir avec un vaccin fondamentalement identique ?</p>
<p><strong>La loi, l’argent public et autres broutilles</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La procédure normale d’évaluation d’un médicament aboutit à son autorisation de mise sur le marché, ou à son refus : le laboratoire qui le développe soumet un dossier complet aux autorités, qui, en fonction de la solidité de ce dossier, acceptent ou non de mettre en circulation une substance active.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le cas qui nous occupe, les choses se sont passées différemment : en France, le vaccin était déjà acheté avant qu’un quelconque dossier ait été présenté. Selon le Dr Marc Girard, il était déjà entendu, dès l’été, que l’autorisation de mise sur le marché ne poserait pas de problème. Il n’était pas envisagé que le dossier puisse être refusé. 750 millions d’euros ont donc été dépensés sans la moindre certitude sur la qualité du produit acheté.</p>
<p style="text-align: justify;">D’ailleurs, en cas de problème, pas de problème : <a href="http://www.syndicat-infirmier.com/H1N1-immunite-juridique-des.html">les laboratoires disposent de l’immunité juridique</a> pour les vaccins qu’ils développent. Même si ça se passait mal, même s’ils n’ont pas fait leur boulot correctement, ils ne risquent rien. Mieux qu’au loto, on gagne à tous les coups.</p>
<p style="text-align: justify;">Et qu’on ne compte pas sur les autorités pour nous délivrer une information claire et honnête : les experts qui les conseillent ne cachent même plus leurs conflits d’intérêt. Travaillant pour les marchands de vaccins et délivrant leurs avis sur ces vaccins au ministère de la santé, ils ne trouvent même plus cela gênant. Le Dr Bruno Lina, conseiller du ministère, épinglé par Le Parisien qui révèle ses liens avec l’industrie pharmaceutique, <a href="http://lesinfos.com/2009/10/30/grippe-a-conflits-dinterets-et-decisions-precipitees/">prétend ne pas avoir d’influence</a> réelle sur la ministre. On se demande bien alors à quoi servent ces experts que personne n’écoute.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors, avant de vous faire vacciner, parlez-en d’abord tranquillement à votre médecin, qui est le seul à pouvoir réellement vous conseiller en ce qui concerne votre santé, et prenez votre décision en conscience. Et si vous voulez en savoir plus avant de le consulter, lisez par exemple <a href="http://www.rolandsimion.org/spip.php?article47">ce rapport de 38 pages</a> du Dr Marc Girard, ou encore toute autre information indépendante que vous pourrez trouver. Mais rappelez-vous : en matière de santé, et hors de situations exceptionnelles décrétées en bonne et due forme, vous, et vous seul, avez le droit, avec le conseil d’un ou plusieurs médecins vous connaissant personnellement et se prononçant uniquement sur votre cas personnel, de décider de ce qui est bon pour vous : c’est la loi, et rien d’autre.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : Fabien</p>
<p style="text-align: left;">Article  initialement publié sur le blog <a href="http://1000ideespourlacorse.wordpress.com/" target="_blank">1000 idées pour la Corse</a> : <a href="http://1000ideespourlacorse.wordpress.com/2009/11/12/idee-n%C2%B020-se-faire-vacciner-ou-pas/" target="_blank">se vacciner (ou pas)<br />
</a> Sous licence creative commons : <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/">http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/</a></p>
<p><strong>Réagissez, commentez, complétez, débattez : <a href="../forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=78">forum/viewtopic.php?f=19&amp;t=78</a></strong></p>
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		<title>Sclérose de la politique française par sa professionnalisation</title>
		<link>http://www.sentinelles-de-la-republique.com/sclerose-de-la-politique-francaise-par-sa-professionnalisation/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Nov 2009 14:52:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martigan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les hommes et femmes politiques français, dans leur très grande majorité, sont des professionnels de la politique. Par professionnel on peut supposer qu’ils ont acquis et développé les compétences qui leur permettent de gérer les affaires publiques (la République). Mais par professionnel il faut aussi penser que la politique est leur moyen de subsistance, leur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-175" title="Assemblee Nationale paris" src="http://www.sentinelles-de-la-republique.com/wp-content/uploads/2009/11/Assemblee-Nationale-paris.jpg" alt="Assemblee Nationale paris" width="450" height="299" /></p>
<p style="text-align: justify;">Les hommes et femmes politiques français, dans leur très grande majorité, sont des professionnels de la politique.<br />
Par professionnel on peut supposer qu’ils ont acquis et développé les compétences qui leur permettent de gérer les affaires publiques (la République).<br />
Mais par professionnel il faut aussi penser que la politique est leur moyen de subsistance, leur travail, là encore pour la très grande majorité d’entre eux.<br />
Et c’est là que le bât blesse. En effet, l’absence chez la plupart des hommes politiques français d’activité principale en dehors de leur « engagement » politique est porteur intrinsèquement de perversions.</p>
<p style="text-align: justify;">Si vous avez un travail, vous allez dans un premier temps chercher à le conserver, puis dans un second temps, si les conditions le permettent, chercher à évoluer, en termes de responsabilités, d’expertises et/ou de revenus.</p>
<p style="text-align: justify;">L’homme politique fait de même.<br />
Pour conserver un emploi (faute d’activité autre pour subsister), il va être capable de compromissions, de dévoyer son engagement, de pervertir sa mission auprès de ses électeurs, de cumuler les postes pour atténuer la perte de l’un d’entre eux.<br />
Pour augmenter ses revenus, il va chercher à cumuler ceux-ci, ainsi que les indemnités, les remboursements de frais…</p>
<p style="text-align: justify;">Cela explique en grande partie la réticence de la classe politique à limiter, voire interdire, le cumul des mandats. C’est naturellement, pour ceux qui sont en place dans les appareils politiques, une perte potentielle de revenus considérable et la perte de l’effet assurance d’un poste par rapport à un autre. Les arguments avancés pour justifier les cumuls sont risibles ou vides :<br />
- cumuler mandat national et local permet de faire avancer les dossiers : argument clientéliste, dans lequel on voit que la forme et les réseaux priment sur le fond du dossier ;<br />
- rester au contact des réalités : outre que les députés ont une permanence dans laquelle ils peuvent recevoir des « vrais gens » avec des « vrais problèmes », je ne suis pas sûr que le cumul des réunions obligatoires ainsi que des formalités inhérentes aux différents postes permettent de garder beaucoup de temps pour « rester au contact des réalités », sans compter le temps qui ne sera pas passé sur les dossiers dont a la charge le cumulard.<br />
On reviendra sur ce cumul des mandats…</p>
<p style="text-align: justify;">Il en découle le grippage des appareils politiques. En effet, comment mieux protéger ses revenus qu’en contrôlant la concurrence ? Au sein de son propre parti, c’est facile de s’assurer, une fois qu’on est en place, que personne ne vienne nous marcher sur les plates-bandes. Pour ce qui est de le concurrence, on peut trouver des accords, histoire de se « partager » les postes…</p>
<p style="text-align: justify;">Autre conséquence : les formations spécifiques aux hommes politiques. Une très grande partie du corps politique français est issue de Science Po, complété de l’ENA pour une bonne part (ce n’est pas le cas de notre président actuel, certes). Mais la question est : ces gens ont-ils fait ce parcours pour servir l’Etat, puis ont-ils décidé ensuite de mettre en avant leurs convictions politiques, ou bien ont-ils choisi dès le départ cette voie pour pouvoir réussir leur « carrière » politique. Bourdieu croyait savoir que la jeune Ségolène Royal s’est « posé la question du choix entre la gauche et la droite en terme de plan de carrière » et qu’elle a choisi la gauche faute de places à prendre à droite… Cette affirmation est certes à prendre au conditionnel, mais révélatrice de cette problématique du plan de carrière politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela va désormais plus loin. Jean S., fils d’un certain Nicolas S., a décidé, manifestement, de se lancer dans une carrière. Mais ce n’est pas d’une carrière d’avocat dont nous parlons. C’est celle d’homme politique. D’ailleurs il parait douteux qu’avec un mandat de conseiller général, une position élevée à l’UMP des Hauts de Seine et un mandat d’administrateur de l’EPAD, Jean S. trouve suffisamment de temps pour retrouver le chemin des cours, le cas échéant, cela jetterait un doute sur l’intensité de son engagement auprès du peuple français (neuilléen surtout).<br />
Jean S. veut simplement faire homme politique, comme papa ! C’est une carrière intéressante. Pas la plus rémunératrice, mais tout de même très confortable : il y a aussi beaucoup d’avantages en nature, et le petit bonus du pouvoir…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans cette jungle professionnelle, que deviennent les électeurs, que devient le peuple ?<br />
Rien. Il est mis de coté, il n’est plus qu’un moyen pour accéder à un poste, il est réduit à un consommateur de politique, il n’est pas un acteur de la vie de la nation. La République, la chose publique, est ignorée en fin de compte.<br />
L’élu, de représentant du peuple français désigné par le suffrage universel, et donc redevable devant lui de ses actes, au quotidien, devient un bateleur soucieux de son image, soucieux de trouver le bon « mix produit », la bonne « accroche commerciale » pour marquer le plus les esprits. Et le moyen remplace peu à peu la fin, dans un phénomène de perte de sens, de perte de repères personnels, accentué par une durée de vie politique qui se compte en décennies…</p>
<p style="text-align: justify;">Peu importe les convictions, il faut trouver un job.<br />
Et pour cela, à chacun sa stratégie :<br />
- grimper les échelons d’un parti établi (UMP, PS…) ;<br />
- trouver une niche produit et lancer une start-up ;<br />
- changer le packaging d’un vieux parti sans élan ;<br />
- trahir son camp (mais encore faudrait-il vraiment avoir des convictions pour parler de trahison…) : les transfuges socialistes au gouvernement Sarkozy… et Sarkozy lui-même, en son temps ;<br />
- jouer sur l’échelon local ou national.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour tout homme politique adoptant cette « tactique », la conviction personnelle, l’engagement, sont des notions dépassées.<br />
Et le souci, c’est que ce mode de fonctionnement devient tellement généralisé qu’il obère toute possibilité de renouvellement, toute possibilité pour le peuple français de trouver des représentants qui seront fidèles à l’esprit de la République, qui agiront, au sein du peuple français, dans l’intérêt de celui-ci, qui respecteront des engagements pris devant celui-ci.</p>
<p style="text-align: justify;">Il reste toutefois, et heureusement, des moyens de défendre la République contre les dérives de la classe politique.<br />
Les citoyens peuvent utiliser leur bulletin de vote, ils peuvent aller voir leurs représentants (maires, conseillers généraux, conseillers municipaux, conseillers régionaux, députés, sénateurs…), leur demander des comptes, leur poser des questions, ils peuvent les sanctionner, et leur dire pourquoi ils le font.</p>
<p style="text-align: justify;">La démocratie française, en effet, cela ne devrait pas être des élites qui gèrent nos intérêts au mieux de leurs intérêts.</p>
<p style="text-align: right;">Auteur : Martigan</a></p>
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