
Alors que la réforme permettant une consultation citoyenne facilitée par la voie de référendums d’initiative citoyenne attend encore la loi organique qui lui permettra d’être enfin mise en application (1), le ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire (quel nom odieux pour ce ministère du « front national inside ») a tout loisir de lancer, avec un timing idéal pour occulter 3 semaines de divorce entre le peuple et ses représentants (affaires F. Mitterrand et J. Sarkozy), son pseudo et « imbécile » (2) grand débat sur l’identité nationale.
« Pseudo » pour la simple raison que dans un pays vivant et différent chaque jour, un tel débat n’a pas lieu d’être. Comment définir une identité nationale que les entrants de demain rendront obsolète car la faisant évoluer par leurs idées et leurs actions ? Par « entrants » vous penserez immédiatement « immigrés » mais n’oublions pas les enfants de français qui sont à naître ! De toutes façons, dans un pays ouvert et accueillant, les deux cas se valent et nous ne pouvons, nous citoyens prompts à rendre les soixante-huitards responsables de l’état actuel d’un pays façonné par eux et pour eux en leur temps, décider aujourd’hui d’imposer une définition de l’identité nationale que devront accepter et respecter celles et ceux qui nous succèderont.
« Imbécile » car ce serait ainsi, pour satisfaire quelques bas du front, qu’un représentant républicain nous amène sur le chemin d’un pétainisme bon teint plutôt que sur celui des Lumières. « Le drapeau » et « la Marseillaise » deviendraient alors les icônes intouchables d’un symbolisme primaire dans un pays devenu aussi banal et insignifiant que tout autre.
L’idée de la France elle, qui fait sa grandeur aux yeux de tous, si belle et si universelle qu’en firent leur notamment les membres du groupe Manouchian (ces Manouchian, Alfonso, Boczov, Fontanot, Grzywacz, Elek, Wasjbrot, Witchtz, Fingerweig et leurs autres camarades (3) (4)) au point de donner leur vie pour elle (12 de ces 23 là avaient moins de 30ans), cette idée ne serait plus qu’une vitrine fermée aux autres, et interdirait à quiconque n’est pas reconnu bon français de sang d’être amoureux de ce que représentent encore dans le monde actuel nos idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité.
Pourtant, dans l’absolu, un tel questionnement pourrait être louable s’il posait au départ la vraie bonne question. Et cette question est celle du « vivre ensemble » qui, indéniablement, se perd dans notre pays. De nombreuses tendances supra-nationales, nationales et infra-nationales sont à l’œuvre actuellement et qui éloignent les citoyen(ne)s les uns des autres, allant de la mondialisation et de la guerre économique au développement d’un communautarisme inhabituel. De plus le respect de l’identité nationale ne commencerait-il pas justement par le respect des valeurs de notre République par nos dirigeants ? Exemple parmi d’autres, que les politiques fassent en sorte que la République ne tende pas à favoriser une part trop restreinte du corps social au détriment des autres sous prétexte que celle visée aurait les moyens de la « remercier » financièrement et médiatiquement de ses attentions.
Espérons que notre classe politique comprendra qu’à trop vouloir faire respecter les symboles d’un pays, on en arrive, parfois, à piétiner les valeurs qu’ils sont censés représenter. Car les symboles représentent les idées, ils ne les précèdent pas.
Auteur : lottà
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(1) http://info.france2.fr/dossiers/france/Le-r%C3%A9f%C3%A9rendum-d-initiative-populaire-58005090.html
(2) Michel Rocard – http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/interviews/20091102.OBS6600/lidentite_nationale_selon_rocard__un_debat_imbecile.html
(3) http://sindibad.fr/IMG/jpg/Memorial_affiche_manouchian.jpg – http://sindibad.fr/
(4) Ferré reprend un texte d’Aragon – http://www.youtube.com/watch?v=6HLB_EVtJK4
Crédit image : « Super Dupont » de « Fluide Glacial »







